Oui à la loi sur les armes, c’est pas compliqué !

Je vote oui à quelques formalités pour les gens qui font du tir sportif (1% de la population, autant que la plongée sous-marine par exemple), en échange d’un système informatique qui permet de poursuivre les criminels à travers toute l’Europe et d’un travail de poursuite pénale efficace.

Intervention dans le journal radio RTN le 9 mai

Article dans le journal Arcinfo le 7 mai

Cette loi contrarie quelques personnes, pour le bien de tous

Dit simplement, les gens qui font du tir sportif devront s’annoncer et obtenir quelques autorisations. Pour tous les autres, ça ne change rien !

Par contre, y renoncer c’est prendre le risque de sortir des accords de sécurité que nous avons signé avec nos voisins, puisque cette loi en fait partie. Et ce risque est très important!

Cet accord nous permet d’arrêter des criminels dangereux qui ont commis des horreurs en Suisse ou ailleurs, en utilisant des ordinateurs et une base de données, le « SIS II » . Et les policier.ère.s, mes anciens collègues, l’utilisent tous les jours !

Je pense que prendre le risque de perdre ces systèmes est dangereux. Les poursuites pénales gérées par des stencils ont vécu et la police mérite de continuer à travailler avec les outils modernes, pour nous protéger.

Les prophètes qui prétendent que nous ne perdrons pas ces systèmes si la loi est refusée font un choix curieusement risqué, pour des gens qui se disent concernés par la sécurité publique.

Cette loi est une bonne affaire pour la sécurité de la Suisse

Il faut accepter cette loi, que la Suisse a créée avec l’Europe comme nous avons accepté la ceinture de sécurité, les limitations de vitesse sur les autoroutes ou l’interdiction de fumer. C’est un peu contrariant au début, mais c’est quand même tout à fait supportable à l’usage.

Crier à l’apocalypse et à la dissolution de la Suisse à cause de cette directive, c’est comme si on imposait aux hommes-grenouilles un nouveau règlement sur l’entretien de leurs bouteilles de plongée, et qu’ils clamaient qu’on cherche à faire disparaître leur sport. Voire à supprimer la Suisse de la carte du monde.

On comprend que ça les ennuie. Mais on n’est pas d’accord que cela remette en question le fonctionnement du pays!

Renoncer à marcher dans la combine

Mes ami.e.s et connaissances qui ne partagent pas ce point de vue, particulièrement les personnes travaillant dans la chaîne pénale, marchent à mon sens dans une combine, dont je débattrais volontiers avec eux.elles.

Une combine qui a un but assez précis :

Offrir à l’extrême droite une prise de parole sur deux dans le débat public, puisqu’elle est la seule à s’opposer à l’accord. 50% de temps de parole, c’est Byzance !

Cette extrême droite qui travaille à augmenter les primes maladies, augmenter les franchises, attaquer nos deuxièmes piliers, protéger les salaires des super-riches et réduire leurs impôts (pour les prendre à qui ?), augmenter la retraite à 67 puis 70 ans, supprimer les fonctionnaires, protéger le droit de polluer, exporter des armes dans les pays en guerre, etc.

Suivre le mouvement et publier les provocations populistes, si on gagne moins de 500’000 francs par an, c’est se tirer une balle dans le pied avec une arme semi-automatique.. c’est marcher dans la combine.

Avec un revenu plus important, par contre, il faut admettre que c’est sensé et habile..

Note pour plus tard : il y a d’autres partis qui travaillent à notre sécurité. Qui réclament des conditions de travail dignes pour les fonctionnaires et pour les bas revenus, qui évitent la précarisation et qui luttent pour l’intégration plutôt que pour les discours d’exclusions qui font naître de la violence.

Le tir, ce sport stupéfiant !

J’étais tireur, pendant quinze ans. Quinze ans arme à la ceinture. Des centaines d’heures d’entraînement en stand. Je n’ai pas pratiqué le « tir sportif » hors de la police. Mais je comprends ce sport et je comprends qu’on veuille qu’il continue à exister.

Mais si tout ce qu’on demande c’est d’annoncer les armes semi-automatiques avec un grand chargeur, je pense que c’est ennuyeux, mais qu’il faut renoncer à crier à l’apocalypse!

Pour les polices, on adaptera les processus d’annonce et de permis d’achat pour rendre l’application de la directive acceptable pour les policier.ère.s et pour les tireur.euse.s.

Qui sont, soit dit en passant les mieux placé.e.s pour savoir que leurs armes méritent des règles de sécurité précises et rigoureusement respectées.

Et qui sont souvent d’accord de rendre l’accès aux armes plus contrôlé, mais pas supprimé (pour éviter par exemple la disparition dans la nature de cent fusils militaires l’an dernier).

Et on renoncera à prendre le risque de perdre l’accès à l’accord Schengen Dublin sur la sécurité des Etats.

Je vote donc oui, sans hésiter !

Grégory Jaquet

Ancien enquêteur de police judiciaire puis formateur de policier.ère.s à la police neuchâteloise.

Expert en sécurité publique pour le Centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF).

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